Tomber à l’eau avec ses bottes et ciré…

Rappel des bases : " flottabilité " & " poussée d'Archimède "

28 septembre 2015

Cher(e)s collègues de l'EPA VNF,

Nous sommes un certain nombre d'agents VNF à se voir régulièrement rappeler, verbalement par la hiérarchie ou par instructions écrites, l'interdiction de " porter des bottes " aux abords des ouvrages de navigation.

Sans vouloir préjuger de la pertinence de ces directives, il en reste pas moins qu'un petit rappel de quelques définitions permet de mieux comprendre ces phénomènes appelés :
" poussée d'Archimède " et  " flottabilité " d'un corps humain plongé dans l'eau.

- Poussée d'Archimède :

La poussée d'Archimède est la force particulière que subit un corps plongé en tout ou en partie dans un fluide (liquide ou gaz) soumis à un champ de gravité. Cette force provient de l'augmentation de la pression du fluide avec la profondeur (effet de la gravité sur le fluide, voir l'article hydrostatique) : la pression étant plus forte sur la partie inférieure d'un objet immergé que sur sa partie supérieure, il en résulte une poussée globalement verticale orientée vers le haut. C'est à partir de cette poussée qu'on définit la flottabilité d'un corps :

"Tout corps plongé dans un fluide reçoit de la part de celui-ci une poussée verticale, dirigée de bas en haut, égale au poids du volume du fluide déplacé."

- Flottabilité :

Dans un liquide, les corps sont soumis à la poussée d'Archimède. Les corps ont une flottabilité différente selon leur masse volumique et donc leur densité.

La flottabilité est la poussée verticale, dirigée de bas en haut, qu'un fluide (gaz ou liquide) exerce sur un volume immergé. La flottabilité agit toujours dans la direction opposée à la gravité.

Selon la différence entre le poids réel (Pr) et la poussée d'Archimède (Pa), on distingue  :

    • corps de flottabilité positive : l'objet remonte (Pr < Pa) ;

    • corps de flottabilité négative : l'objet coule (Pr > Pa) ;

    • corps de flottabilité nulle : l'objet flotte entre deux eaux (Pr = Pa).

    • masse volumique : masse/volume (g/ml)

Évidement et vous l'avez bien compris, la flottabilité dépend de la " densité " du liquide qui varie selon la " salinité " dans lequel le corps humain est plongé : donc, on " flotte mieux " dans l'eau de mer que dans les fleuves et rivières de Voies Navigables de France et cela est bien,
une certitude !

Cependant, le sujet de " porter des bottes " (ou pas) n'est pas d'aujourd'hui et de nombreux plaisanciers et navigateurs hauturiers se sont déjà interrogés sur cette éternelle question...

Ils en ont même écrits de nombreux articles de presse, comme celui que vous découvrirez ci-dessous :

Conséquences et test filmés

« Attention je vais briser un mythe ! » (sic)

«Attention je vais briser un mythe ! Je suis peut-être un peu trop cartésien mais j’en ai assez d’entendre qu’il faut retirer ses bottes si l’on tombe à l’eau au risque de se faire aspirer vers les abysses. C’est une hérésie totale car l’eau qui envahit les bottes ne pèsent rien " dans l’eau ". J’espère m’exprimer assez bien pour me faire comprendre. Vous pouvez faire l’expérience chez vous avec un récipient en plastique : Vous le remplissez d’eau, son poids dans l’air est évidemment augmenté du volume d’eau ajouté. Plongez alors ce récipient dans un évier lui-même plein d’eau. La plupart des matières plastiques flotte. Le récipient ne coulera donc pas au fond de l’évier. Il en est de même pour les bottes, on le voit après 1 minute et 10 secondes de la vidéo (voir plus bas), quand mes bottes sont enfin pleines, mes pieds ont encore tendance à remonter.

Corollaire de ce mythe : " les bottes vont gêner la nage ". Moi qui en ai fait l’expérience (voir le film), je peux vous dire que nager avec son ciré et ses bottes n’est pas très efficace. Mais du ciré ou des bottes difficile de dire ce qui gêne le plus. À mon humble avis, naviguant le plus souvent en Bretagne, le plus gros risque pour l’homme à la mer c’est l’hypothermie. Pour lutter contre l’hypothermie il est recommandé de ne pas nager. Le ciré et les bottes constituent une barrière thermique moins efficace qu’une combinaison de survie mais une protection quand-même. Étant plutôt frileux je ne quitterai donc pas ces équipements en cas de chute à la mer et adopterai la position " HELP " ou position fœtale pour limiter les échanges thermiques.»

«Dans le film on voit que je ne porte pas mon gilet. D’abord le gilet aurait faussé ma démonstration. Ensuite je n’avais pas envie de changer tout de suite mon déclencheur hydrostatique, il est encore bon jusqu’en 2016 et ça coûte environ 45 euros.

Ma veste de ciré a emprisonné de l’air qui m’aide à flotter, mais l’expérience ne dure que 2 minutes. On peut imaginer qu’en rallongeant l’expérience je n’aurais plus eu l’aide de ce volume d’air. Un gilet de 150 N (flottabilité de 15 kg environ) s’il est bien réglé, assure que la bouche se trouve à 15 cm au-dessus de la surface. Mon ciré me maintient à 2 cm seulement. Avec un petit clapot c’est l’assurance de difficultés à respirer et de prendre la tasse de temps en temps. Il convient donc de porter un gilet. Un gilet gonflable ne gêne absolument pas les mouvements. Si vous ne portez pas votre gilet pour des questions d’esthétisme, je vous avouerai que les lèvres bleues et les tissus gonflés d’un noyé ne m’ont jamais parus très beaux.

Là où cela se gâte c’est quand il faut remonter la victime à bord. Les vêtements et les bottes pleins d’eau vont alors effectivement peser. Si l’on a une échelle de bain et que la victime est encore en état d’y monter cela peut aller. Mais une personne atteinte d’hypothermie est incapable de faire ça. La circulation périphérique a été limitée pour protéger la température du noyau central. Il va falloir la remonter sans son aide. Le meilleur moyen semble être de frapper une drisse sur son harnais. Là encore les gilets gonflables modernes montrent leur intérêt puisqu’ils sont en général équipés d’une boucle de harnais avec des sangles qui enserrent le corps. Les tentatives de palans en bout de bôme ou de tangon semblent trop complexes. Avec une drisse on va faire glisser la victime sur la coque. En bout de bôme on aura du mal à maîtriser les mouvements et l’on risque les chocs sur la coque où les autres éléments du bateau.»

Conclusion : " portez votre gilet, gardez vos bottes et ne tombez pas à l’eau ! "

Stephane Siohan.

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Commentaires (1)

1. schmitt 02/09/2016

tres bon article je confirme les conclusions en eau douce donc avec un peu moins de flottabilite qu en mer apres plusieurs stages en milieu aquatique

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Date de dernière mise à jour : 28/09/2015

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